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À table

Bien nourrir son chien

Il n’existe pas de meilleure croquette universelle, mais il existe des repères qui ne se discutent pas : une ration pesée, deux repas par jour, et des friandises comptées dans le total.

La rédaction de Coussinets Mis à jour le 10/08/2026 8 minutes de lecture
Chien couleur sable assis devant une gamelle en inox posée sur un carrelage clair, attendant l’autorisation de manger

La gamelle se pose et le chien attend deux secondes : ce petit délai vaut mieux qu’une gamelle avalée en dix secondes.

L’essentiel en trente secondes

  • Un chien adulte stérilisé consomme environ 95 à 110 kcal par kilo de poids métabolique, ce qui donne près de 700 kcal par jour pour un chien de 15 kg.
  • Deux repas par jour valent mieux qu’un seul, surtout chez les grandes races à poitrine profonde, chez qui un unique repas massif fait partie des facteurs de risque de torsion de l’estomac.
  • Toute transition alimentaire se fait sur sept jours au minimum, en augmentant le nouvel aliment par quarts.
  • Les friandises ne doivent pas dépasser 10 % de la ration quotidienne, et se déduisent de la gamelle.
  • Une ration ménagère non formulée par un vétérinaire spécialisé est déséquilibrée dans la quasi totalité des cas, notamment sur le rapport calcium et phosphore.

Quelle quantité, concrètement

Les besoins d’un chien ne sont pas proportionnels à son poids : un chien de 40 kg ne mange pas dix fois plus qu’un chien de 4 kg, mais environ six fois plus. C’est pour cette raison que les tableaux d’un fabricant, calculés sur cette courbe, restent un meilleur point de départ qu’une règle de trois faite à la maison.

Ces tableaux ont cependant deux défauts connus. Ils sont souvent calculés pour un chien entier et actif, donc généreux pour un chien stérilisé qui fait deux tours de pâté de maisons par jour. Et ils indiquent une fourchette large, dans laquelle on choisit presque toujours le haut. La bonne pratique consiste à partir du bas de la fourchette pour un chien stérilisé et sédentaire, puis à ajuster sur ce que dit la balance quatre semaines plus tard.

Repères quotidiens indicatifs pour un chien adulte stérilisé, aliment à 380 kcal pour 100 g
Poids du chienBesoin quotidien indicatifRation en grammesRépartition
5 kg300 à 350 kcal80 à 90 g2 repas
10 kg500 à 590 kcal135 à 155 g2 repas
20 kg840 à 990 kcal220 à 260 g2 repas
30 kg1 140 à 1 340 kcal300 à 350 g2 repas
40 kg1 410 à 1 660 kcal370 à 435 g2 à 3 repas

Le contrôle qui compte davantage que le tableau reste manuel. Passez les mains le long du thorax : les côtes doivent se sentir facilement, sous une fine couche, sans qu’on ait à appuyer. Vue de dessus, la taille se marque nettement derrière les côtes. De profil, la ligne du ventre remonte vers l’arrière. Si les trois critères sont réunis, votre ration est bonne, quel que soit le chiffre écrit sur le sac.

Le nombre de repas et l’heure

Deux repas par jour constituent la référence chez l’adulte. Le chiot en demande davantage : quatre repas jusqu’à quatre mois, trois jusqu’à six mois, puis deux. Le chien âgé se satisfait souvent mieux de trois petits repas, en particulier s’il régurgite ou s’il digère lentement.

Chez les grandes races à poitrine profonde, dogue allemand, setter, braque, berger allemand, boxer, le sujet dépasse le confort. Le syndrome dilatation torsion de l’estomac est une urgence vitale absolue, et plusieurs facteurs de risque sont alimentaires : un repas unique et volumineux, une prise alimentaire très rapide, un exercice intense juste avant ou juste après le repas. Fractionner en deux, ralentir la prise avec une gamelle anti glouton et respecter une heure de calme avant et après le repas sont des mesures simples et sans inconvénient.

Le tableau qui doit faire courir chez le vétérinaire

Un grand chien qui tente de vomir sans rien produire, dont l’abdomen se ballonne, qui bave abondamment, s’agite puis s’abat, présente les signes d’une torsion de l’estomac. C’est une urgence chirurgicale qui se compte en dizaines de minutes, de jour comme de nuit.

Aucun remède maison n’a sa place ici : il faut appeler immédiatement une structure vétérinaire et s’y rendre.

Changer d’aliment sans tout casser

La flore digestive d’un chien s’adapte à un aliment donné. Un changement brutal se traduit très souvent par une diarrhée de quarante-huit heures, qu’on met à tort sur le compte d’un aliment de mauvaise qualité alors qu’il s’agit d’une simple erreur de méthode.

Le protocole est invariable : trois jours à un quart de nouvel aliment, trois jours à moitié, trois jours aux trois quarts, puis la totalité. Sur un chien à digestion sensible, on étale sur quinze jours sans hésiter. Et en cas de selles molles à une étape, on revient à l’étape précédente pendant trois jours au lieu d’avancer.

La méthode en six gestes

  1. Chercher les calories du sac

    Notez l’énergie métabolisable pour 100 g, indiquée sur l’emballage ou sur le site du fabricant. Sans cette donnée, aucune comparaison entre deux aliments n’a de sens, et deux croquettes peuvent varier de trente pour cent.

  2. Peser, pas doser au verre

    Une balance de cuisine, une fois pour toutes. Le verre gradué change de valeur avec la taille des croquettes, et c’est la source d’erreur la plus banale chez les chiens qui grossissent lentement.

  3. Préparer la ration du jour le matin

    Un seul récipient contenant la totalité de la journée, friandises comprises. Tout ce qui sort de ce récipient est compté ; ce qui reste le soir indique exactement ce que le chien a reçu.

  4. Servir au calme

    Gamelle posée au sol, chien assis deux secondes avant l’autorisation. Ce délai minuscule évite la ruée et sert de rappel d’éducation quotidien, sans transformer le repas en exercice.

  5. Retirer la gamelle après vingt minutes

    Un chien mange en quelques minutes. Laisser la gamelle toute la journée empêche de repérer une baisse d’appétit, qui est pourtant l’un des premiers signes de maladie chez cette espèce.

  6. Peser le chien tous les mois

    La plupart des cabinets laissent l’accès à leur balance sans rendez vous. Un chien qui prend cinq pour cent de son poids en un mois reçoit trop, et il vaut mieux le savoir avant que la silhouette ne change.

Les erreurs qui coûtent cher

Les friandises non comptées. Elles représentent la première cause de surpoids canin, loin devant la ration elle même. Un morceau de fromage de vingt grammes apporte à un chien de 10 kg l’équivalent d’un cinquième de sa journée. La règle des dix pour cent maximum, déduits de la gamelle, résout la question.

Les os cuits. Ils se fendent en éclats acérés capables de perforer le tube digestif. Cela vaut pour tous les os cuits, y compris ceux du poulet du dimanche. Les bois de cerf et les os très durs, eux, cassent régulièrement la grosse dent tranchante du fond de la mâchoire, une fracture qui impose une extraction.

La ration ménagère improvisée. Une gamelle de viande, de riz et de légumes préparée avec les meilleures intentions est presque toujours carencée, en particulier en calcium, et elle expose un chiot à des troubles osseux irréversibles. Une ration maison peut être excellente, mais elle doit être calculée par un vétérinaire formé en nutrition, avec un complément minéral et vitaminique.

Le chiot de grande race suralimenté. Faire grandir vite un dogue ou un berger n’est pas un service à lui rendre : l’excès d’énergie et de calcium pendant la croissance favorise les troubles articulaires. Un aliment prévu pour les grandes races et une ration mesurée valent mieux qu’une gamelle à volonté. Enfin, une part de l’équilibre se joue aussi dans la gueule, et le brossage des dents reste le complément le moins coûteux de toute alimentation.

Questions fréquentes

Combien de fois par jour faut-il nourrir un chien adulte ?

Deux repas par jour constituent la référence. Chez les grandes races à poitrine profonde, ce fractionnement est particulièrement important, car un repas unique et volumineux fait partie des facteurs de risque de torsion de l’estomac.

Comment changer les croquettes de son chien sans diarrhée ?

En étalant la transition sur au moins sept jours : un quart de nouvel aliment pendant trois jours, la moitié ensuite, puis les trois quarts, avant de passer à la totalité. En cas de selles molles, on revient à l’étape précédente pendant trois jours.

Peut-on donner des restes de table à un chien ?

Quelques aliments simples et non assaisonnés ne posent pas de problème, mais ils doivent être comptés dans la ration. Les plats salés, gras ou contenant de l’oignon ou de l’ail sont à écarter, ces derniers étant toxiques pour le chien.

Faut-il donner des os à un chien ?

Jamais d’os cuits, qui se fendent en éclats coupants et peuvent perforer le tube digestif. Les objets très durs comme les bois de cerf cassent aussi régulièrement les dents. Une lamelle à mâcher souple est un compromis nettement plus sûr.

La ration ménagère est-elle meilleure que les croquettes ?

Elle peut être excellente, à condition d’être calculée par un vétérinaire formé en nutrition et complétée en minéraux et vitamines. Une ration maison improvisée est déséquilibrée dans la quasi-totalité des cas, notamment en calcium.

Mon chien a toujours faim, dois-je augmenter sa ration ?

Pas si son état corporel est correct : beaucoup de chiens réclament par habitude ou par ennui. En revanche, une faim vraiment inhabituelle, associée à une soif accrue ou à un amaigrissement, doit faire l’objet d’un examen vétérinaire.

Le rappel qui compte

Une baisse d’appétit qui dure plus de vingt-quatre heures, des vomissements répétés, une diarrhée qui persiste au-delà de deux jours ou un abdomen qui se ballonne imposent une consultation. Chez un grand chien, le ballonnement est une urgence immédiate.

Aucun régime particulier, aucun complément et aucun changement d’aliment ne doit être décidé seul chez un chien atteint d’une maladie chronique.